Une photographie ne montre jamais tout ce qui s’est passé. Elle arrête une fraction de seconde.
Ce matin-là, ces deux dames étaient installées près de l’accueil en attendant l’heure du déjeuner. Elles échangeaient quelques mots, la secrétaire leur parlait, elles regardaient les gens passer. J’imagine que ce rendez-vous avec midi faisait partie de ces habitudes qui rythmaient leurs journées.
Puis, pendant une fraction de seconde, l’une d’elles a posé la main sur son front. C’est à cet instant que j’ai déclenché.
Sortie de son contexte, cette image pourrait raconter tout autre chose. On pourrait y voir de l’ennui, de la lassitude ou de la solitude. Pourtant, quelques secondes avant, elles parlaient.
C’est ce qui me fascine dans la photographie : l’instant que je photographie est vrai, mais il ne raconte jamais à lui seul toute la réalité de ce qui était en train de se vivre.
Le photographe choisit une fraction de seconde. Et celui qui regarde l’image, souvent, imagine ce qu’il y avait autour.
