L’écho de la presqu’ile

// Author: Didier // 0 Comments

Le photographe Didier Carluccio sublime la personne âgée

Le photographe nazairien expose 50 œuvres à Nantes. L’occasion de découvrir un travail original autour de modèles inattendus : les personnes âgées.

Lorsque l’on appelle Didier Carluccio, il n’est pas à Saint-Nazaire. Le photographe voyage. « Je suis un itinérant ». Il est en fait à Joué-les-Tours, sur un nouveau projet. Un shooting de membres d’un Ehpad, costumés sur le thème de la révolution française. Moyenne d’âge : 100 ans. Étonnant ? Pas tellement pour l’artiste. Voilà plus de vingt ans que le Nazairien s’intéresse aux personnes âgées. Et nous fait poser sur eux un nouveau regard.

C’est ce que l’on découvre avec une exposition d’une cinquantaine de ses clichés, au Gérontopôle de Nantes, visible jusqu’au 31 mai.

« J’ai découvert un milieu qui m’inspirait »

Cela a commencé par une rencontre. Un anniversaire.

« On m’avait sollicité pour une mamie de 85 ans ».

Didier Carluccio débarque dans une maison de retraite. Une structure qui peut effrayer, comme le rappel de sa propre vieillesse et de l’inéluctable. Pas pour le photographe. « J’ai découvert un milieu qui m’inspirait ». Des visages « atypiques », des silhouettes « courbées »...

« Il y a de quoi en faire des portraits et des scènes de vie ».

Sortir de l’ombre

Ce contre-pied de l’anxiogène l’amuse d’ailleurs.

« Cela devient un jeu, pour eux comme pour moi ».

Un jeu avec plusieurs portées : d’abord sur la confiance en soi de ses modèles.

« J’ai créé une fenêtre pour sortir ces personnes de l’ombre, je les revalorise. Il existe de très beaux papis, de très belles mamies ».

Didier Carluccio ne cache pas les rides, les affaissements, les cheveux blancs. Bien au contraire.

« Je veux montrer cette réalité, ces visages sortis de toute illusion ».

Comme une attaque « aux icônes du jeunisme ambiant ». L’artiste le fait aussi pour la mémoire.

« Je photographie des dinosaures ! Bientôt ils n’existeront plus ».

« Les regards changent »

Le travail de Didier Carluccio se fait de plus en plus connaître et le photographe se déplace aujourd’hui dans 18 départements.

« Cela commence à porter ses fruits. Les regards changent ».

D’ailleurs, les premiers concernés savent bien qu’ils retrouvent de leur splendeur dans l’objectif du Nazairien.

« Je n’ai jamais senti de réticence ».

L’Écho de la Presqu’île

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